De retour de l’enfer
Après une pause d’un mois, il fallait revenir au top niveau et ne pas rejouer le remake du match aller. Si tu avais envie de te faire peur, c’est au gymnase Faivre qu’on était ivre d’épouvante. 38 minutes d’angoisse, avec une énigme, du sadisme, un suspense où l’on sent au rythme de son cœur que l’on respire mal. Et après, tu ne peux pas imaginer cette sorte de desserrement délicieux à la fin du money time…
Après l’ânerie du match aller, cette rencontre devait servir de test face à cette équipe, et à nous remettre en jambes après la trêve des confiseurs. Même si Eric me confiait qu’il avait pratiqué le triathlon pendant les fêtes, Lionel était dubitatif quant à sa définition : bouffe, sieste et amour (tiens, je vais me mettre au sport !). Néanmoins, on pourra dire que le père noël n’a pas endormi nos verts joueurs, à moins que ce soit le père fouettard, alias Yo, qui ait sévi dans la semaine précédente. La voie chevrotante, le coach nous confie : « On joue la qualification pour la poule haute et c’est le dernier jeu à domicile. Pas question que Lorgues se qualifie aujourd’hui car les déplacements prochains vont être compliqués. Au vu de la précédente confrontation, il faudra répondre présent dans toutes les phases du jeu, une chose que l’on n’a pas su faire chez eux ».
Un peu poussif l’Ulteam dans la 1ère période face à un team qui se souvenait de l’issue de la rencontre passée. Thomas va être le premier en tout, marqueur et fauteur. Mais quel manque d’efficacité aux rebonds offensifs ! Une main un peu lâche qui tremble devant les paniers et on gaspille les points de la facilité. On subodore que certains s’étaient fait greffer 2 mains gauches. On va leur sucer la roue durant 40 minutes si l’on n’élève pas notre niveau de jeu. Il faudra transformer notre prestation avant la seconde fermentation pour rendre nos yeux pétillants (16-22). Ça fermente peu sur le parquet du côté des verts. En manque d’adresse, frileux aux contacts, on se fait marcher dessus par une équipe qui en veut (excusez du peu, mais ils ne sont pas 1er pour rien !). L’écart grimpe encore quand Yo décide de stopper l’hémorragie en remettant les « cadres » en lice. La réponse Lorguaise est sans équivoque, c’est le retour des tours. Il est vrai que les pivots orange ne font pas dans le miniature, pense donc, des mecs qui boivent de la nitro, mangent des tonnes de fonte, mesurent plus de 2 mètres et pèsent plus de 220 livres… Des sortes de mammouths en shorts et baskets. On traverse des moments pénibles en cette fin de set. Ohé ! Monsieur Ampère, venez au secours de l’Ulteam (28-43). Dans ces moments tu te dis : suivre un match de la hainebihé à la télé équipé de charentaises à coussin d’air tout en sirotant une binouze…c’est pas le bonheur ça ?
Quel procédé thérapeutique va employer notre technicien pour produire un afflux de sang de manière à décongestionner les cerveaux ? A la pause, ce ne sont pas des citrons que Yo a donnés à son team mais des grenades. Ce fruit, à saveur aigrelette, renfermant de nombreux pépins aurait pour vertu de transformer des soubresauts intestinaux en électrochocs. Après ce coup de semonce qui a duré 20 minutes, que vont produire nos verts ? Ça démarre avec une appétence qui nous a manqué pendant 20 minutes. En fait, si vous suivez les aventures de notre team, on est dans notre 3ème quart… à la mi-jeu, on gomme la moitié du retard. Appuyant sur le presse-agrumes, le cinq majeur fait l’étalage de ses qualités pour venir titiller les oranges au score (51-53). A partir de là, tout est possible pour les deux camps. Avec 2 joueurs frisant la correctionnelle (4 fautes) la gestion par Yo du dernier quart va être ésotérique. A ce moment là, pas question de faire rentrer les seconds couteaux, les petits il va falloir puiser dans vos ressources. Le Wallon à sûrement digérer la quadruple pogne de midi au vu de sa production dans les filets. Au bout de 5 minutes d’affrontement on peut crâner avec notre point d’avance. Ce mince avantage perdure jusqu’au money time, pimenté avec l’aide de Thibault. Dans les dernières secondes, Eric clôture impérialement cette rencontre. On a eu la fève ! Couronne pour tous (68-64).
Contrat rempli, même si… On attendra des jours futurs pour associer à la victoire un jeu léché, sirotons déjà ce succès. En résumé, heureusement que le turbo était enclenché en seconde période, sans doute alimenté par la motivation retrouvée de certains qui doutaient, en fin de saison, de pouvoir terminer en roue libre. Comme l’analyse Lionel : « Grosse satisfaction. Une reprise en demi-teinte que nous devrons confirmer. Tout ce qui est pris est un plus, nous ferons les comptes en fin de saison. Un regret, ne pas avoir pu faire jouer les jeunes dans ce match ».
De même que le poisson qui vit dans l’eau a toujours soif, les basketteurs de la Green Team ont toujours faim de victoires. Pour la suite, il faudra attiser notre capacité à maintenir un jeu incisif et sérieux plus longtemps que 20 minutes. Ce ne sont pas les supporters inconditionnels des verts qui diront le contraire, allez l’Ulteam !!!
Pilgou