Un point c’est tout

Après une période de trêve et une reprise dimanche dernier en demi-teinte, les protégés de Yo se devaient d’être plus incisifs pour démontrer que leur 1ère place n’est pas usurpée. Mais voilà, un scénario identique à celui de la semaine passée. Des adversaires féroces faces à nos intermittents du basket pendant 20 minutes puis soudain un réveil strombolien. Des torrents bouillonnants de lave en fusion remontent l’écart en un set et comme le dernier coup de hache abat l’arbre, c’est Tanguy qui assénera le coup fatal  à Aix en portant la marque à plus 1 grâce à un panier inscrit au buzzer !


Un des objectifs de Lionel dans cette rencontre est de donner du temps de jeu à tout l’effectif, en les associant aux « cadres » de l’équipe. Mais il n’en oublie pas les sirènes de la compétition : « Même si la qualification a été assurée en s’imposant face à Lorgues la semaine dernière, hors de question de venir simplement faire figuration à Aix. On s’était imposé difficilement à domicile, en réalisant un match plein, on sait donc qu’il faudra batailler aujourd’hui pour sortir victorieux. Comme d’habitude, commencer par s’imposer en défense, en maîtrisant le secteur intérieur adverse et en contrôlant notre rebond ».


Début de match laborieux car défensivement on n’est pas au mieux. Pour couronner le tout, duels, rebonds, attaques, tout se joue à l’arraché ou trop vite. Rien à raconter sur ces 10 minutes hormis que je sens poindre une profonde colère, froide et secrète qui dévore le coach. Résultat, Aix prend tout de suite l’avantage au score (17-11).

Le second quart est à l’image du premier… en pire. On est battu dans les duels, on est en retard sur les rotations, on laisse des tirs ouverts, on est dominé par les intérieurs adverses. Les quelques ballons qu’on arrive à gagner sont gâchés sur le jeu rapide. Offensivement on force toujours les tirs et on rate des paniers faciles. En face, Aix sanctionne toutes nos errances défensives et prend le large au score. Pas facile pour ceux qui d’habitude liment le banc de renter dans une telle décrépitude, et pourtant ils ont tous tenus ! Pour vous donner une vision de notre prestation, sur les 10 points marqués, 8 le sont sur lancers francs (41-21).
 

Yo, qui est parti se flageller avant la fin du quart, revient avec une envie à bouffer du lion. « On est ridicule. L’écart n’est pas du au fait de la rotation des joueurs mais surtout d’un manque d’envie. A nous voir jouer comme ça, on se demande comment on fait pour être en tête de la poule. Au-delà du basket, j’attends une réaction d’orgueil ».


On est méconnaissable. Autant en première mi-temps on a montré tout ce qu’on était capable de mal faire, autant là, on va démontrer pourquoi on occupe la première place. Une grosse intensité défensive associée à un collectif bien huilé bloque complètement le jeu d’attaque d’Aix. Etant en rythme défensivement, on retrouve notre capacité à sanctionner les pertes de balles adverses. A la rapidité avec laquelle on évolue, qui dit récupération signifie punition. Sur attaque placée, on est patient, on joue ensemble, en alternant drive, fixation intérieure et tirs extérieurs. On se relance complètement dans le match (52-51). Pas mal d’énergie laissée dans ce 3ème quart, mais cela en valait la peine, impressionnant ! Si on reste très intense en défense, avec les jambes lourdes on a plus de mal à exploiter, sur jeu rapide, les ballons gagnés. Qu’a cela ne tienne, on jouera placé. Le coach Aixois qui a cherché vainement à contrer la furie verte durant 10 minutes claironne : de toutes les techniques, c’est la zone que j’préfère…(refrain). Il n’en fallait pas plus pour réveiller nos arquebusiers à 3 points. Le Wallon, aussi clutch que face à Lorgues, en alignera 2 et Tanguy 1. J’écris, j’écris mais il reste 15 secondes et notre avantage d’un petit point reste fragile. Vincent qui besogne dans la raquette obtient deux lancers. Il rate le premier, et marque le second. Rien n’est fini, calisson entre les dents, Aix profite d’un oubli en défense pour marquer… avec la faute. C’est maintenant eux qui mènent de 1 point à 5 secondes du dead time. Temps mort du stratège vert pour accoucher d’une imparable martingale. La balle arrive dans les mains de Tanguy, qui drive, et enchaîne un stop tir et c’est dedans. Buzzer Beater !


Coach Yo enfin apaisé hésite entre contentement et contrariété : « Satisfaction évidente à la fin du match, au vu du déroulement de celui-ci. Je suis quand même inquiet par ce scénario identique à celui de la semaine passée. Une première mi-temps où on ne propose rien dans le jeu, on est dominé dans tous les secteurs du jeu. Arrivé en situation critique, on se réveille et on retrouve notre capacité à pratiquer un bon basket. A nous d’être plus rigoureux, et de réussir à faire des matchs pleins si l’on veut espérer être compétitif en deuxième phase car aujourd’hui on s’en sort de justesse ».


Comme toujours pour les matchs où ma carence est manifeste, merci à Lionel pour ses commentaires sans quoi ce papier eut été un écrit fantaisiste.

Pilgou